Si je lâche beaucoup de perles à propos des méandres excrémentiels, c’est parce qu’on m’a un jour trouvé sous mon lit, pataugeant dans mes selles ; j’avais trois/quatre ans.
Je crois que j’ai toujours été fasciné par le fait de chier, mais sans me l’avouer. La vérité étant que je détester chier, ça m’énerve dur.
Vous êtes tranquillement assis dans votre fauteuil, il est dix-sept heures trente, vous venez de rentrer chez vous. Le ciel est gris au dehors ; vous êtes à l’intérieur, après une rude journée de stress au travail ou avec des amis ennuyeux. Un paquet de chips, un verre de coca, votre jogging préféré revêtu pour cette occasion unique de glander légitimement… Soudain, votre ventre fait un bruit craquant, presque étouffé. Vous êtes épris d’une interrogation mêlée d’une peur : “Qu’est-ce que c’est ?” vous pensez… Peu importe, vous retournez à vos chips, la main plongée avec délectation dans le paquet… mais votre bidon tape à nouveau ! Ça y est ! Maintenant vous savez : VOUS AVEZ ENVIE DE CHIER !
Il ne reste qu’une solution, et vous savez pertinemment ce qui doit être fait. Mais vous n’avez pas envie. C’est vrai, vous êtes chez vous, vous venez de vous poser dans votre fauteuil préféré ! Vous ne méritez pas ça ! Et pourtant… le corps humain n’attend pas, ses besoins sont vitaux. Alors vous êtes destinés à les accomplir ; maudit par le devoir de chier, une pause chiante va venir casser votre repos coca/chips.
Vous êtes sur le trône. Tout se passe bien. Et là, deux options obligatoires vont se présenter – l’une ou l’autre – : soit vous chiez mou et vous risquez d’avoir à rechier après vous être difficilement essuyé, soit vous chiez dur et vous faites c’qu’on appelle un “One Shot” – en gros vous chiez uni, ça tombe, et bam, c’est fini en une fois.
Ah je suis répugné… Ce n’est pas une question de saleté mais une question de gestion de paresse. Que chier soit nécessaire, ok. Mais lorsque j’apprécie un moment avec moi-même comme écouter de la musique ou mater une série, je n’ai guère envie d’être enlevé à mon bien-être ponctuel. C’est pourquoi je propose une solution.
Imaginez un corps humain qui n’aurait plus besoin de chier. Imaginez, un système de recyclage fécal à l’intérieur même de notre petit ventre. De telle sorte que chaque fois qu’on mange quelque chose, ce quelque chose ne sort pas de notre anus mais reste en nous, dans un savant système de recyclage des excréments. “Alors vous me direz, mais monsieur, où va cet excrément ?” Et bien il serait reconverti en énergie.
Là, vous me diriez : “Ah ouais, pas mal.” Et je serais d’accord.
Bref, si quelqu’un peut mettre cette technologie en place, je suis disponible pour être cobaye, tant que ça fait pas mal – révolutionnaire mais poltron.